DC Extended Universe : le classement ultime des films ! [TOP]

Notre classement des films de l’univers partagé DC : la saga de super-héros qui devait vaincre Marvel.
Drôle de trajectoire pour l’univers cinématographique DC, refermé dix ans après son lancement sous la direction de Zack Snyder. Il était pourtant annoncé que Superman et sa clique batailleraient durablement contre les Avengers par le biais de blockbusters interposés, adaptés des plus célèbres comic books, jusqu’à leur chiper des parts de marché – traduites en milliards de dollars au box-office. L’entreprise n’aura donc pas duré aussi longtemps que prévu, ni vraiment réussi son braquage financier, mais aura toutefois eu le temps de proposer une quinzaine de productions et d’emmener (au moins un moment) les porteurs de capes sur d’autres terrains que ceux de la concurrence.
Retour sur une décennie de films DC, des premières envolées symboliques de Man of Steel à l’ultime plongeon d’Aquaman et le Royaume perdu, en un classement !
15. The Flash (2023)

The Flash est un prétexte avant d’être un film, une excuse de deux heures et demie donnant l’opportunité aux studios DC de réécrire les fondamentaux, juste après avoir tout dézinguer. Car cette grosse machine ne se suffit pas du recalibrage – ou rétropédalage, selon l’angle duquel on l’appréhende : elle s’empare du remue-ménage dimensionnel pour mettre en branle une récréation super-héroïque digne de Spider-Man : No Way Home, où d’anciennes vedettes ressuscitent pour interagir avec la nouvelle génération grâce au croisement des réalités parallèles. Mais tout ce carnaval cosmique, comme chez Marvel, baigne dans le cynisme et la complaisance, le blockbuster choisissant de railler ses vieilles références plutôt que de les mettre à jour, jamais décidé à s’approprier ce(ux) qu’il met en scène. The Flash donne alors l’impression de contrefaire en permanence. Le film partait toutefois sur de bonnes bases en récupérant le squelette de Flashpoint, récit papier au cours duquel le héros se retrouve projeté dans un univers alternatif. Son adaptation filmique se veut bien moins pathétique, malgré ses efforts pour attester de son sérieux entre deux sketchs régressifs. Pour ne rien arranger, le long-métrage dédouble son protagoniste benêt et fait grimper le nombre de répliques débitées à la seconde, misant sur l’assommage de son spectateur pour lui faire oublier son manque terrible de logique et de maturité.
Vous pouvez retrouver la critique du film ici.
14. Wonder Woman 1984 (2021)

À l’emphase propice aux eighties, Patty Jenkins préfère la fibre nanardesque. Son opus, qu’elle décrit elle-même comme un projet autonome, se distingue des essais précédents par son degré insolite d’incohérence et une approche jobarde qui ferait passer le volet de 2016 pour un pensum philosophique. Son exposition gaillarde, ses séquences empruntées à Pretty Woman ou encore ses protagonistes parodiques sont autant de gouttes dans une marée de niaiserie, forme d’hommage naïf au Superman de Richard Donner. Et si l’on pensait pouvoir compter sur l’esprit guerrier et les dons surnaturels de l’héroïne, athlète rivalisant avec les dieux olympiques, ses talents se conforment ici aux débordements repoussants de laideur et insanités esthétiques : les chorégraphies sont lymphatiques, stimulées par un montage boucher et un découpage à peine correct. Subtilité évaporée, Wonder Woman 1984 ajoute ses propres règles et éléments imaginaires, seule manière de pourvoir l’intrigue d’enjeux émotionnels forts. Les paramètres politiques, eux, sont restreints à une brève et factice mention quand tout incite à les traiter en priorité.
Vous pouvez retrouver la critique du film ici.
13. Suicide Squad (2016)

D’aucuns affirment que les choses ont déraillé avec la sortie de Suicide Squad, du côté de Warner Bros. D’aucuns ont raison : depuis ce fiasco intersidéral, le studio n’a eu de cesse de rebrousser chemin, copier la concurrence et trahir ses intentions. En somme, déclarer forfait face à Marvel. Initialement, il était question que David Ayer arrange un spectacle aussi sombre que ses personnages, des tordus et des psychopathes envoyés au casse-pipe par le gouvernement. Les réceptions mitigées de Man of Steel et Batman v Superman firent prendre un autre cap au blockbuster, remanié en comédie familiale pendant son tournage, vidé de sa substance, charcuté au montage. Cette foirade symptomatique du système hollywoodien, plus intéressé par les algorithmes que l’expression artistique, piège ses vilains protagonistes en les dépossédant de leurs attributs et crache donc sur l’unique promesse du projet : mettre en scène des raclures, des vraies. Seule Margot Robbie, grimée en copine du Joker (ici moins clown machiavélique que gangster bling-bling) et pas aidée par une mise en scène pompeuse, s’en tire convenablement.
12. Shazam! La Rage des Dieux (2023)

Shazam! La Rage des Dieux marche dans les pas de son aîné, à ceci près que le délire transformiste s’étend cette fois-ci à toute la famille et que le spectacle adapte ses enjeux en conséquence. La formule séduit sur les premières minutes de film : le ton adolescent déclenche certaines ruptures amusantes, les dynamiques qui unissent les personnages sont fonctionnelles, l’action se veut massive et le réalisateur emploie convenablement l’équipe pour doubler le nombre d’actes vaillants et potentiellement cartoonesques dans un même plan. Puis les choses se gâtent lorsque le long-métrage se reconnecte aux origines occultes du protagoniste et fait survenir deux sorcières, leur magie noire et projet de fin du monde dans le champ. Histoire de vengeance mythologique, syndrome de l’imposteur, cellule familiale conflictuelle et grande bagarre sur fonds verts : Shazam! La Rage des Dieux perd le fil à mesure que ses scènes s’empilent. Par chance, Zachary Levi est toujours aussi content d’enfiler sa combinaison rembourrée.
Vous pouvez retrouver la critique du film ici.
11. Shazam! (2019)

Toujours dans le but d’étendre son pouvoir d’attraction, la saga s’est mise à dragouiller d’autres audiences que celles de Batman v Superman, plus adolescentes et détendues. Celle-ci s’est naturellement penchée sur les récits de Shazam pour atteindre sa jeune cible, héros on ne peut plus connecté à cette dernière : sous la combinaison rouge et musculeuse du justicier se cache en réalité un gosse de quatorze ans courant après le fantôme de sa mère. À divertissement modeste (il a coûté trois fois moins que Justice League), réalisateur économe. David F. Sandberg, repéré pour ses courts-métrages horrifiques et ingénieux, tente un retour aux films de mômes des eighties (façon Les Goonies) en goupillant son long-métrage autour d’une bande de marmots, eux-mêmes enclins à vénérer les capes et les collants. Son approche conviviale s’écroule fâcheusement quand vient le moment de répondre au cahier des charges du studio : Shazam! est une comédie perdante au jeu des références et faussement subversive, pas même valable pour son casting.
10. Aquaman : The Lost Kingdom (2023)

La suite d’Aquaman s’inscrit dans le même registre, ouvertement influencée par les films d’aventure à l’ancienne, portée sur la déconnade et les mauvais jeux de mots. Mais pour cette conclusion qui n’en a aucunement l’allure, Wan renouvelle ses référents. Dans ses scènes les plus vivifiantes, le film de James Wan recrée l’ambiance des romans de Jules Vernes, et si nos héros ne creusent pas véritablement jusqu’au cœur de la planète, le script s’arrange quand même pour leur faire parcourir galeries souterraines et tréfonds marins dans l’espoir de susciter un brin de dépaysement. Le précédent opus jouait également cette carte : une multiplication d’environnements exotiques qui permet au réalisateur une totale liberté de mouvement. Mais ses excès de zèle font moins de ravages ici. Plus courts, plus resserrés, ces moments de folie sont là des bouts d’action anonymes qui vont dans le sens d’un manque général d’éclat. Il faut dire que ce Aquaman et le Royaume perdu ne pioche pas uniquement dans les bons vieux textes verniens pour couvrir ses arrières : à nouveau, l’empreinte des blockbusters Marvel se fait ressentir.
Vous pouvez retrouver la critique du film ici.
9. Black Adam (2022)

Dwayne « The Rock » Johnson interprète ici le pendant négatif de Shazam, esclave ayant reçu les pouvoirs des dieux avant d’être emprisonné pour s’en être déplorablement servi. Pas vraiment le genre à sauver les chats coincés dans les arbres, plutôt celui à asseoir sa vision expéditive de la justice par la force de ses énormes biceps. Mais comme pour Suicide Squad et sa fausse suite, l’écurie DC ne peut se résoudre à raconter les origines d’un authentique méchant. Moins super-vilain que surhomme énervé, donc, le Black Adam de Johnson désintègre ses adversaires sans moufter mais n’est jamais davantage qu’un Superman à cran. Le blockbuster s’efforce à creuser sa face sombre à l’aune de collègues justiciers respectables, voulant nous faire gober que The Rock est un danger tangible pour la planète, mais l’aura de l’acteur l’emporte : avec ses répliques (involontairement) bouffonnes et ses sourcils malléables, la personnalité du comédien – qui finit par se jouer lui-même – efface tout soupçon.
Vous pouvez retrouver la critique du film ici.
8. Justice League (2017)

A-t-on vu rétropédalage plus clair (et affreux) que Justice League ? Après que Zack Snyder ait dû quitter le navire en pleine production, Warner Bros refila le film à Joss Whedon, le gars qui avait catapulté les studios Marvel vers leur premier milliard de recettes avec Avengers. Et il fut engagé pour les exactes mêmes raisons : remanier le long-métrage de son prédécesseur à sa sauce (une comédie en latex) et permettre à ses patrons de s’en mettre plein les fouilles. Dans ce Justice League, il ne reste plus grand-chose de Snyder, donc. Quelques ralentis ici et là, une poignée de dialogues inspirés, mais l’ambition du cinéaste pour cette première réunion des super-héros a disparu au (re)tournage. Les personnages sont vidés de leur substance, leurs scènes de bravoure sont à peine fonctionnelles et plus rien ne semble avoir de poids, pas même le retour de Superman à mi-parcours qui, torse nu et moustache effacée par ordinateur, ne repointe sa trogne qu’à la toute fin. Un tel carnage ne laissait plus le choix aux films solos que de faire remonter la pente à une franchise perdue.
7. Birds of Prey (2020)

À bien des égards, Birds of Prey sonne comme une revanche. Dans le texte, la déjantée Harley Quinn vient de larguer son compagnon toxique (un certain Joker) et compte clamer haut et fort son émancipation dans un monde de brutes masculines. Dans la réalité, la pétillante Margot Robbie se libère de l’angle sexy et hasardeux du Suicide Squad de David Ayer, qui rabaissait son rôle au vulgaire étalage de chair. La voilà dans son propre Justice League, à former une équipe de super-héroïnes autour d’une chasse au McGuffin, à prendre d’assaut la narration avec sa voix-off décalée et à semer la pagaille dans une Gotham plus colorée et festive que jamais. Si Cathy Yan, à la barre du long-métrage, se contente de mettre en boite cette odyssée personnelle et extravagante sans rivaliser de créativité, l’on ne peut reprocher à la réalisatrice (première cinéaste asiatique à la tête d’un tel projet) de ne pas avoir compris ses personnages et l’univers dans lequel ils sont censés progresser.
Vous pouvez retrouver la critique du film ici.
6. Wonder Woman (2017)

Zack Snyder s’étant chargé de dépoussiérer le personnage au cours du troisième acte de Batman v Superman – elle tirait Batman des sales pattes d’un monstre extraterrestre avec une férocité palpable –, il ne restait plus qu’à raconter ce qui avait pu amener cette super-héroïne à sortir de son trou et croiser la route d’autres méta-humains. C’est Patty Jenkins qui s’y colle, et celle-ci reste de prime abord attachée aux fondations esthétiques de son prédécesseur. Wonder Woman se retrouve donc affublé de ralentis stylisés et d’images contrastées, mais la réalisatrice n’en reste pas là : elle ajoute au tableau des couleurs proprement marveliennes, récupérant la dimension historique de Captain America : First Avenger (guerres différentes mais ton similaire) et le décalage comico-dramatique de Thor (divinité envoyée parmi les hommes). Alors, en dépit de son incapacité à s’extraire de formules déjà établies, et pas toutes pérennes, Wonder Woman couvre ses arrières en se faisant origin story classique et un tant soit peu didactique.
5. Aquaman (2018)

Le réflexe d’engager des artisans de l’épouvante pour penser les pirouettes de bonshommes en slip est né avec Aquaman, captation par James Wann des origines de l’homme-poisson. S’il eut été excitant, au vu du passif du metteur en scène, d’envisager le parcours d’Arthur Curry comme un périple aux contours horrifiques, c’est finalement la fibre nanardesque de son Fast & Furious qui hante son neuvième long-métrage, divertissement halluciné et baroque entrelaçant mille références pop-culturelles – Star Wars, Uncharted, Avatar et Jupiter Ascending, pour mentionner les plus tape-à-l’œil. Sa caméra est hors de contrôle : coutumier des travellings numériques, Wann organise une mise en scène aussi éruptive que le spectacle qu’il filme sur fonds verts, des batailles sous-marines rappelant Le Seigneur des anneaux, la flotte en plus. Le premier degré des films de Zack Snyder est relayé par le tempo comique des films d’aventure des eighties, rapprochant ce Aquaman des blockbusters idiots mais généreux d’une autre époque.
4. The Suicide Squad (2021)

Rattrapé au vol après son largage (temporaire) par Disney, James Gunn enfile le maillot DC et recompose la vaillante troupe de kamikazes. The Suicide Squad s’appréhenderait presque tel un héritier du Battle Royale de Kinji Fukasaku, ses bonshommes catapultés sur une île, le même esprit grinçant (et politique) flottant dans l’air. Comme si le réalisateur des Gardiens de la Galaxie avait troqué sa plume contre un bâton de dynamite, attaquant de front les standards du genre et menant à la baguette un défouloir follement gore, maintenant son rythme et sa nervosité en chaque particule du long-métrage. Il s’emploie à démembrer les convenances, trucide sans sommation ses protagonistes (là est tout le principe) et assume leur sadisme et oripeaux bouffons, ralliés à sa narration anarchique. Celle-ci concourt aux tonalités comico-beaufs que l’on prête à Gunn, débarqués aussi cyniquement que frontalement en plein déluge et qui, en plus d’enrichir grassement les hostilités, laissent à penser que le metteur en scènes a pu matérialiser le moindre de ses songes barrés.
Vous pouvez retrouver la critique du film ici.
3. Man of Steel (2013)

Chez Zack Snyder, pour qui l’adaptation de comic books est une banalité (il est ressorti vainqueur de 300 et Watchmen), le dernier des kryptoniens se confronte à sa dimension christique. Fils du ciel appelé à guider les habitants de la Terre, ce que lui dicte son père adoptif depuis sa tendre enfance dans le Kansas, ce Superman d’une nouvelle ère se découvre à travers le doute et une humanité troublante – un trait que toute autre production autour de l’homme d’acier avait choisi de gommer. Le réalisateur fait naître le super-héros au détour d’images chocs et de questionnements philosophiques, associant l’image d’un être providentiel à celle d’une arme incontrôlable. En résulte une bagarre finale aux airs de 11 septembre, au cours de laquelle Clark Kent sauve le monde en dégommant des gratte-ciel. Man of Steel fait de l’ambiguïté son fer de lance et s’inscrit comme un blockbuster aussi bourrin que gorgé de références (aux bandes-dessinées et mythologie plus anciennes). Une première pierre prometteuse.
2. Zack Snyder’s Justice League (2021)

Le prologue capté au smartphone, la moustache effacée d’Henry Cavill, les plaisanteries à tout bout de champ, l’étalonnage marvelien : tous ces ingrédients du supplice de 2017 ont été éjectés. Pour sa version personnelle et ambitieuse de Justice League, Zack Snyder restaure les coupe originelles et s’offre quatre heures pleines de bobine, formant un préambule épique à la façon de La Communauté de l’anneau. Son récit, enclin comme souvent à l’hyperbole, prend racine autour de conflits personnels, de rapports de force et de quête de rédemption. Une symphonie de regards tristes et de solitudes partagées faisant parfois oublier qu’il s’agit d’une réunion de gros bras en costume moulant. Le prolongement thématique de Batman v Superman passe ainsi par les protagonistes avant de s’étendre à la mise en scène, disposée à une iconisation suprême. Ralentis, effets de styles et tambours orchestraux se coordonnent pour sublimer l’action, surligner les symboles, vénérer ces sauveurs tourmentés et majestueux.
Vous pouvez retrouver la critique du film ici.
1. Batman v Superman : L’aube de la Justice (2016)

Lancés dans la course aux univers partagés, Warner Bros et Zack Snyder firent de Batman v Superman : L’Aube de la justice une étape décisive vers la future coalition des membres de la Justice League. Au cœur de cette énorme machine à l’ossature snyderienne – à savoir pondéreuse, référencée et gavée de ramifications –, le réalisateur établit un cheminement thématique ambitieux : faire du super-héros un personnage mythologique. L’opposition de l’homme d’acier et de la chauve-souris de Gotham, querelle de colosses aux proportions phénoménales, est pour le cinéaste l’opportunité de réhabiliter les super-héros en tant que figures surhumaines, incorporées à un contexte moderne, politique et, selon ses propres mots, imparfait. Présenté en un gros bloc de trois heures (pour sa version longue, la vraie) à l’imagerie épique, assumant sa portée symbolique et philosophique via un ton résolument sérieux, croquant des protagonistes désenchantés, le blockbuster constitue une anomalie sur le terrain des adaptations de comics, un dernier espoir avant que tout ne se fonde et se ressemble.
Vous pouvez retrouver notre dossier consacré au film ici.
