Star Wars : la saga Skywalker, le classement ultime ! [TOP]

Notre classement des films de la saga Skywalker, épisodes officiels de La Guerre des étoiles.
Du désert de Tatooine qui a vu naître les débuts de l’aventure aux dernières lamentation de l’Empereur Palpatine dans L’Ascension de Skywalker, sans oublier les expérimentations numériques de la prélogie : les neufs volets, du pire au meilleur.
9. Star Wars : Episode IX – L’Ascension de Skywalker (2019)

Espérant par là convaincre un public quelque peu ébranlé par les opus précédents, Disney s’est senti de promouvoir L’Ascension de Skywalker non pas comme la conclusion de la trilogie initiée sous ses auspices, mais comme celle de ce que le studio nomme « la saga Skywalker », soit l’histoire de cette famille au destin corrélé à celui de la galaxie, entamée quarante ans plus tôt. Le film se donne pour principale mission de rassembler, donc, en éliminant toute aspérité de son scénario (soit toute prise de risque) et se reconnecte au délire nostalgique que semblait engager Le Réveil de la Force. Le spectacle se veut généreux, bourré de séquences d’action aux proportions dantesques et parvient même, par instants, à reproduire le frisson des premiers épisodes grâce à la mise en scène archi-dynamique de J. J. Abrams, de retour aux commandes. Mais de telles ambitions condamnent également le blockbuster aux rebondissements les plus lâches : résurrections tirées par les cheveux, raccourcis grossiers, incohérences à la chaîne, rythme de métronome affolé qui confond vitesse et énergie… Sa plastique impeccable n’empêche pas ce neuvième épisode de se vautrer, grassement, les pieds pris dans sa propre tentative de séduction.
Vous pouvez retrouver la critique du film ici.
8. Star Wars : Episode I – La Menace fantôme (1999)

Seize ans de maturation, et voici La Menace Fantôme. George Lucas rouvre enfin son coffre à jouets, armé de tout un attirail d’effets numériques lui permettant – selon ses dires – de concrétiser les visions qui le hantent depuis les débuts de saga, celles associées à la chute de la République galactique et du futur Dark Vador. À l’occasion de ce retour historique, le créateur reprend personnellement les rênes, cumulant les casquettes de scénariste et de réalisateur afin d’assurer une cohérence absolue sur ce projet qui, dès le générique déroulant, confirme une rupture avec les précédents. Conflit commercial, blocus orbital, tractations diplomatiques, votes au Sénat : c’est dans les antichambres du pouvoir, et non sur les champs de bataille, que Lucas choisit d’allumer sa mèche. L’approche est légèrement assommante, d’autant que le créateur conjoint ce lexique politique à un bestiaire envahissant, Jar Jar Binks en tête, dont la bouffonnerie semble viser un jeune public que le reste de l’épisode s’emploie simultanément à épuiser. Il en ressort toutefois quelques morceaux (très) réjouissants : une course de vaisseaux sur Tatooine, une passe de sabre laser à trois et la symphonie épique du maître John Williams.
7. Star Wars : Episode II – L’Attaque des clones (2002)

Puisqu’il faut bien fournir au futur Vador ses raisons de sombrer du côté obscur et, dans l’idéal, leur laisser le temps de suffisamment semer la zizanie dans son petit crâne de Jedi pour que la bascule soit crédible, L’Attaque des clones zieute du côté de Shakespeare : Anakin Skywalker, que l’épisode précédent désignait comme l’élu d’une prophétie antique, est ravalé au rang de héros romantique, George Lucas dédiant la majeure partie du film à cet amour interdit qu’il entretient avec une sénatrice dont il doit originellement assurer la protection et qui, fatalement, nourri son caractère impétueux et possessif. En parallèle de cette romance gauche, aux dialogues d’un pompeux rarement égalé dans le genre, L’Attaque des clones instruit en sourdine le procès d’un Ordre Jedi trop rigide pour contenir ce qu’il a lui-même engendré et rachète partiellement ses errances romanesques par une intrigue parallèle d’allure policière. Un segment autrement plus passionnant, dans lequel Obi-Wan Kenobie joue les détectives de film noir en des lieux inédits et qui donnerait presque l’envie de voir un spin-off entièrement voué à cette ambiance typique des polars d’antan.
6. Star Wars : Episode VII – Le Réveil de la Force (2015)

S’il n’est en rien exagéré de dire que la saga Star Wars se fait un peu plus le reflet de son époque – et par extension des lubies de l’industrie – à chaque nouvel épisode, son retour après dix ans d’absence (et un rachat par Disney) confirme autant qu’il accélère la grande crise nostalgique traversée par les studios américains. C’est l’avènement des « legacyquels », qui comptent dans leur trame le temps passé depuis la sortie du film original. Dans le cas de cette bonne vieille Guerre des étoiles, l’idée est maligne : en faisant des légendes d’avant de vieux briscards égarés dans le cosmos, elle facilite l’adhésion du public au dessein de la nouvelle génération, eux-mêmes à la recherche des reliques les plus cultes dans l’espoir de sauver leur monde. Justement engagé pour sa ferveur, J. J. Abrams monte le presque-remake d’Un nouvel espoir avec le même sable chaud, la même station spatiale à détruire, le même casque noir du côté des vilains. À ceci près que l’intrigue ne se situe plus sur Tatooine mais Jakku, que les héros d’aujourd’hui ne sont plus des élus mais des individus en quête de sens et que le vilain n’est plus un père déchu, mais un fils tourmenté. Suffisant pour réveiller ce que Star Wars a toujours fait de mieux : donner à des mythes familiers l’apparence d’une promesse neuve.
5. Star Wars : Episode VI – Le Retour du Jedi (1983)

Son introduction trépidante dans le palais de Jabba le Hutt fait un beau condensé de ses intentions : Le Retour du Jedi est l’épisode de la dernière leçon, les précédentes ayant eu le temps d’être digéré par nos héros – en témoigne l’entrée en scène de Luke Skywalker, tout de noir vêtu et nouveau sabre laser en poche, serein dans la gueule du danger. Il est loin, le fermier qui se rêvait pilote, mais sa légende n’est pas encore tout à fait achevée. Il lui reste, à lui comme à ses coéquipiers de l’Alliance rebelle, à faire tomber l’Empereur Palpatine dans ce volet qui conjugue l’emphase du premier à la maturité acquise par le second. La saga conserve jusqu’au bout son manichéisme irréductible, mais également son esprit bon enfant, organisant une action épique autour d’enjeux toujours plus massifs. Ce faisant, Le Retour du Jedi se présente comme un terminus lumineux, point final à la fois grandiose et familier, dont le climax en trois dimensions – la bataille spatiale au-dessus d’Endor, l’assaut terrestre des Ewoks et le face-à-face entre le fils et le père – offre à l’aventure le dénouement qu’elle méritait.
4. Star Wars : Episode VIII – Les Derniers Jedi (2017)

Les Derniers Jedi feint de rejouer la partition de L’Empire contre-attaque en prônant aussi visiblement l’apprentissage par l’échec, mais Rian Johnson est loin de poser le même regard nostalgique sur les icônes d’antan que son prédécesseur. Alors certes, ses personnages se heurtent, comme Luke Skywalker avant eux, au mur de la désillusion, mis en déroute dans une galaxie qui attend de chacun qu’il trouve sa place, mais le huitième épisode procède dans le même temps à un grand nettoyage mythologique : Johnson débarrasse les légendes de leur pénible (car limitante) réputation, ose contrarier les assises manichéistes de la saga, rétablit la Force comme une énergie disponible à tous plutôt que comme l’apanage de lignées exceptionnelles. Plus radical encore, le réalisateur applique cette logique de décloisonnement à la structure même du récit, multipliant les impasses narratives, les révélations sans récompense. Moins par goût de la provocation que par que par refus de voir la franchise se réduire à la reconduction perpétuelle de ses schémas fondateurs. Et comme les bonnes idées ne suffisent jamais, Les Derniers Jedi les sublime d’une mise en scène parmi les plus accomplies de la franchise.
3. Star Wars : Episode III – La Revanche des Sith (2005)

Si L’Attaque des Clones convoquait les écrits de Shakespeare à travers les méandres d’une romance interdite, La Revanche des Sith tutoie des références plus ancienne encore en lorgnant du côté de la tragédie grecque, avec ses présages accablants et ses figures promises à la ruine. Une filiation adéquate, au vu de ce que l’épisode entend raconter. C’est le moment pour George Lucas d’accomplir la promesse à l’origine de la prélogie, mettre en image la chute tant annoncée d’Anakin Skywalker, et le père de la saga s’y attelle avec une générosité communicative : ouvert par un fabuleux plan-séquence numérique qui resitue le contexte – une bataille dans le ciel de Coruscant, l’une des dernières de la guerre qui broie la galaxie depuis trois ans –, La Revanche des Sith annonce d’emblée la couleur. Noir, en l’occurrence, comme le côté obscur qui l’emporte sur la République, comme le grand méchant qui ressort de cette épopée dantesque réglée aux pieds des volcans, comme le pessimisme de ce blockbuster opératique qui règle l’un des plus vieux mystères de la franchise non sans quelques bizarreries (Lucas oblige), mais avec une sincérité plus éblouissante que tous les sabres laser.
2. Star Wars : Episode IV – Un Nouvel Espoir (1977)

Un coucher de soleil(s). George Lucas n’aurait pu concevoir une image plus parlante pour figurer l’exotisme de son œuvre, mais également sa tendre familiarité. Ces éléments du commun comme ses influences marquées (les samouraïs de Kurosawa, les déserts de Leone, les costumes de Valérian, les sériels de science-fiction qui bercèrent son enfance), le réalisateur les fait siens en les intégrant à sa propre mythologie cosmique. Un conte de princesse (pas vraiment) en détresse, de chevaliers aux épées laser, de château spatial à assaillir, d’énergie mystique conférant des pouvoirs. Là encore, Un Nouvel Espoir fait dans l’épure. Sa narration réduite se décompose en péripéties élémentaires, inspirée par les travaux de Joseph Campbell et son Héros aux mille et un visages, nourrie par des archétypes éclatants de symbolisme et ne reniant pas une certaine forme de mystère, cette part d’ombre qui donne à l’ensemble son épaisseur de légende. La patine de ses décors, leurs surfaces marquées par le temps, suggère ainsi le lourd vécu de cette galaxie lointaine, très lointaine, que Lucas impose comme le nouveau firmament du cinéma grand public.
1. Star Wars : Épisode V – L’Empire contre-attaque (1980)

Il semblerait qu’Irvin Kershner, ex-professeur de Lucas à qui celui-ci passe la main, ne se soit pas laissé attendrir par cette histoire de sauvetage chevaleresque dans l’espace tout en ayant perçu son potentiel dramatique. Avec L’Empire contre-attaque, le réalisateur s’engage alors à le vérifier en mettant ses héros à l’épreuve, et le spectateur avec eux, soit en troquant l’allégresse du premier opus pour une magnifique, épique mais amère odyssée de la défaite. Car ici, la guerre des étoiles ne se joue plus sous l’éclat candide du conte, mais à l’intérieur d’un devenir opaque, où les trahisons et révélations brutales poussent irrémédiablement les personnages à la fuite. Pour preuve des méthodes cruelles de Kershner, ce dernier va jusqu’à leur retirer la satisfaction de la victoire qui clôturait l’épisode précédent en plongeant tout ce beau monde dans le chaos d’un siège militaire dès les premières minutes. Par cette rupture déstabilisante mais salvatrice, débouchant sur des images sidérantes et répliques passées à la postérité, L’Empire contre-attaque se dresse en sommet mélancolique et lucide, œuvre de passage et de mue, où la fable se défait peu à peu pour mieux céder la place à une épopée incertaine, celle de héros fragilisés, contraints de tomber pour mériter, un jour peut-être, de se redresser.
