Star Wars IX : Ultime et nostalgique bande-annonce

Deux mois nous séparent de l’ultime chapitre de la plus célèbre des sagas cinématographiques. Dernière ligne droite pour le blockbuster produit par Lucasfilm et Disney, chargé de conclure la grande histoire des Skywalker. Et comme annoncé par les deux firmes, une bande-annonce finale vient d’être rendue publique.
La fibre nostalgique, Disney en connaît quelque chose. Voilà plusieurs années que l’entreprise, détentrice des filiales Marvel, Pixar et plus récemment Star Wars, manie cet instrument pour rameuter les foules. En parfait exemple, cette vague de reboot live-action qui, en plus de triompher au box-office mondial, témoigne d’une volonté appuyée de noyer l’audience dans un amas de souvenirs et sensations familières.
La démarche ne s’est pas limitée au tronc : elle a également contaminé les branches. Ainsi, un mastodonte comme Avengers : Endgame (certainement le blockbuster le plus massif de l’année) s’est retrouvé à frapper à grands coups de références et scènes iconiques, allant jusqu’à placer cet aspect au centre du récit.
La saga Star Wars pourrait-elle tomber dans le même travers ? La question se pose, et davantage avec le trailer final sous les yeux. L’on savait que l’histoire ferait revenir l’Empereur Palpatine, antagoniste mythique de la trilogie originale, dans un décor connu de tous. La place occupée par celui-ci restait mystérieuse, mais il semblerait aujourd’hui qu’elle soit claire : il s’agirait du grand méchant.
Pourquoi faire sortir Palpatine de sa tombe ? Pourquoi l’Étoile Noire ? Pour contenter les fans déçus des récentes itérations de Lucasfilm, peut-être. Disney s’est attiré les foudres de nombreux adeptes des aventures de Luke Skywalker, depuis le rachat à George Lucas. Revenir aux sources serait alors un moyen de rassurer, avant de conclure définitivement.
Cela dit, il s’agissait déjà du plan d’action mis en œuvre à l’époque du Réveil de la Force. Une stratégie si marquée qu’elle déstabilisa le grand public, au point que les mots de « copie » ou « remake » furent employés. Le parallèle aux trois premiers épisodes de Star Wars était l’intention de J. J. Abrams, qui revient derrière la caméra après le passage (contesté) de Rian Johnson. La résurgence d’éléments aussi capitaux s’expliquerait par l’envie du réalisateur de renouer avec Le Retour du Jedi, comme il avait pu le faire avec Un Nouvel Espoir. Une entreprise risquée, néanmoins cohérente : il est souvent préférable que les trois actes d’un scénario suivent une direction similaire.

Dans la veine du quatrième Avengers, Star Wars IX semble positionner le passé au cœur de son histoire. Endgame présentait des super-héros courir après des séquences (parfois) mémorables de l’univers Marvel, de la même façon que Rey et Kylo Ren apparaissent engagés dans la découverte (et la lutte) d’un vieil ennemi. Au cours des précédents volets, les deux protagonistes étaient hantés, d’une manière ou d’une autre, par les légendes d’antan. Rey était à la recherche de ses origines, fascinés par les héros de la rébellion ; Kylo Ren souffrait de son lourd héritage, désespéré de ne pas égaler l’illustre Dark Vador, son grand-père. Avec L’Ascension de Skywalker (dont le nom est évocateur), l’idée est de boucler la boucle.
Toutefois, il serait regrettable d’oublier les travaux de Johnson sur l’Episode VIII. Le message du cinéaste était limpide : laisser le passé derrière soi, pour mieux avancer. Le générique retentissant, nous laissions nos héros en mesure d’accomplir leur destinée. Les Jedi et les Sith sont désormais de l’histoire ancienne, et c’est aux nouvelles générations de construire.
Dès lors, nous devrions assister à la création, à des horizons inédits. J. J. Abrams devra jongler avec prudence entre les notions d’avenir et de passé, en suivant les indications (radicales) de son prédécesseur, tout en acheminant sa propre volonté, faisant resurgir un mal ancien, si profond que Vador et son fils n’avaient su le vaincre.
L’émotion tient une place prédominante dans les images amenées par la bande-annonce. Des mots de C-3PO à l’étreinte de la princesse Leïa, l’on dirait que Lucasfilm est (enfin) décidé à finaliser les péripéties de Rey, Finn et Poe. Au terme de neufs films, tout ce beau monde mériterait un peu de repos.
L’Ascension de Skywalker promet, bien évidemment, son lot de scènes d’action vertigineuses, dans des décors variés (jungle tropicale, désert brûlant, mer déchaînée, etc). Chaque plan transpire la patte du metteur en scène, à l’instar de ces grands travellings qui captent l’action avec une efficacité remarquable. Les personnages, plus expérimentés grâce à leurs combats et entraînements, pourront engager des chorégraphies plus impressionnantes que jamais. C’est le cas notamment de Rey, incarnée par Daisy Ridley, à qui les enseignements Jedi ont été enseignés par Luke Skywalker (et potentiellement d’autres figures renommées). Les affrontements au sabre-laser du huitième opus, Les Derniers Jedi, étaient saisissants : ceux à venir, en vue des actions révélées, le seront davantage.
Démesuré : un mot qui conviendrait à cette ultime bande-annonce. Des milliers de vaisseaux réunis, une charge chevaleresque sur un Star Destroyer, des cadres grandioses : Star Wars a toujours eu comme intention d’attiser l’imaginaire, de façonner le rêve, et l’on dirait bien que l’Episode IX ne dérogera pas à la règle. Reste à savoir si J. J. Abrams a sous la main un scénario solide, capable de conclure un mythe tel que celui des Skywalker. Rendez-vous le 18 décembre dans les salles obscures.